Je me prends de plus en plus le pied dans le piège
de la nostalgie d’un passé passablement post-figuré.
Je crois me rappeler cette naïveté mienne qui m’assiège
rétrospectivement les choses m’apparaissent moins compliquées.
Tous ces petits drames qui faisaient la trame de mon quotidien,
Insignifiances évanescentes et fantasmagoriques
en comparaison des défis qui nous assaillent de près ou de loin.
J’ai bien vieilli, me dis-je sur un ton mélancolique.
Or, je peux donc compter sur l’avenir pour empirer!
Et du futur je contemplerai aujourd’hui avec nostalgie.
Alors pourquoi s’en faire? Il faut se délivrer
de la tentation du contrôle et de l’illusion d’avoir compris…
Mes lubies m’éberluent
moi, l’hurluberlu, j’ai la berlu
l’eusses-tu cru?!
J’ai relu ce que j’ai lu
ce que j’ai écrit
ce que j’écris
ce que j’écrirai
et je m’écris: quel écrin!
J’ai du cran à me mettre dans le pétrin
moins de pétards, moins d’artifices
le feu sacré dans les veines devrait suffire
à me crinquer le coconut
Les sophismes soufis ne sont pas vains
pour vaincre l’indolence et l’apathie
Ne pas s’apitoyer
ajuster les voiles
capter le vent et voguer
sans vague-à-l’âme
Chaque jour est une fête!
et j’envoie paître
les pense-petit et les prêtres
de l’orthodoxie du progrès
Contre la doxa, j’oppose la praxis
S’astreindre à l’essentiel
sans égards aux conventions
Fuir le superjouflu
les voisins gonflables
le poison de la pub
aliénante ubiquité
du Big Brother mercantile
Le quantique des quantiques
épopée galactique
vitesse démesurée
S’emmurer vivant dans la technodictature
Égarer la clef des champs
le chant du cygne
signe notre avenir
sous scellé
livré par les drones d’Amazon
sur le champ de bataille culturel
en temps réel
Un reel sur les internets
comme une bouteille dans l’océan de plastique
La plasticité du cerveau a ses limites
que le transhumanisme veut outrepasser
Les trépassés se transtournent
dans leur tombeau des regrets
