Les pachas, leurs valets et leur illogique

Posted by on 10 Déc 2025 in Arts, Politique, Scribouillure | 0 comments

Use et abuse, une performance d’Alix Dufresne et Christian Lapointe surimposée sur une conférence d’Alain Deneault concernant son livre L’économie esthétique.

Comment dire?

Car il faut bien appeler un chat un pacha parasite qui suce les forces vives de la planète. Jusqu’à ne laisser que des carcasses exsangues.

Nous.

Deneault a raison, aujourd’hui le Capital a si bien appris des arts les artifices de se mettre en scène, de se travestir afin de camoufler sa vraie nature — ou est-ce pour mieux la révéler au grand jour?! c’est ce qui m’hallucine : pas besoin de complot, la Machine broie le monde en s’en vantant — sa vraie nature, dis-je, ou plutôt ne devrais-je pas dire sa réelle antinature, son hubris de vouloir tout digérer pour le marchandiser et ainsi réaliser son désir insatiable et mégalomaniaque d’INFINIE AUTOVALORISATION de la VALEUR — sur une planète aux ressources limitées, faut-il le rappeler?

Dufresne et Lapointe ne lésinent pas sur les procédés de de superposition, juxtaposition, de surexposition des sens. Jeu de miroir déformant entre narratif beige et discours savant, entre d’un côté les réalités déplorables du management et de l’autre, l’art, les artistes et le public pris en étau, entre la diversion du divertissement et les sanctions du ministre — peu importe son nom du moment, ils sont tous les mêmes : pour ces fonctionnaires de la gouvernance capitaliste, la « culture » n’existe que si elle génère du PIB.

Deneault a encore raison: le potentiel subversif de l’art demeure, Dufresne et Lapointe ont très bien reçu le message et nous le transmettent, impeccable.

À voir jusqu’au 13 décembre au Périscope.

Cette performance vortex vous fera passer par un mélange aigre-doux de haine, d’humour, de dégoût et d’amour.

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