
Je travaille à temps trèèèès perdu (comme moi?) sur un projet d’essai. Je laisse planer le mystère, mais voici ce que j’ai écrit concernant mon approche, en particulier ces sources douteuses qui servent de combustible au travail d’idéation, les Muses taquines qui ne se laissent pas saisir aisément.
Démarche anthropolitique style philosophie de garage
Cet essai philosophique, dans une approche librement-vaguement inspirée de la théorie critique et de la phénoménologie, a une optique anthropologique et politique. Philosophique, car je questionne les fondements de notre rapport au réel, ainsi que notre ontologie; anthropologique parce que je prends le temps long comme étalon fougueux d’étude : remonter à la source dans les entrailles de la Terre de naguère pour arriver à l’océan d’aujourd’hui (j’aimerais aussi peindre des contrastes culturels, mais mes connaissances sont maigres à cet égard); enfin politique, car la question du pouvoir demeure centrale dans ma démarche.
Un mot sur la forme : c’est un essai. Une tentative. J’entreprends une œuvre que je sais d’emblée qu’elle me dépasse, entreprise risquée il va sans dire (bizarre expression qui dit le contraire de ce qu’on fait, mais on a l’habitude avec les humains), avec tous les écueils inimaginables auquel tout entrepreneur doit s’attendre — « il faut s’attendre à l’inattendu », dit-on pour paraître sage et cool dans les réunions mondaines et les pages de psychopop sur les internets; je n’ai certes pas les connaissances suffisantes pour dire que mes élucubrations tiennent réellement la route; mais je ne saurais attendre de les avoir — la fin du monde est imminente selon toute vraisemblance — non, quelque chose de fort me pousse dans le dos, la tentation de cette tentative est puissante : mon espoir est que l’acte même d’écrire cet essai me permettra de ciseler ces pensées encore mal dégrossies qui m’habitent et m’animent depuis déjà plusieurs années et me forcent à aller chercher des pistes de réponses à mes questions. Tel que je l’ai indiqué en guise de prologue : c’est un plan de match de recherche que je me fais en l’écrivant; pour le dire autrement (comme on dit trop souvent) : je bâtis le proverbial avion en vol (et sans parachute).
Ainsi, concernant les sources…
Des fois j’aurai des références précises, d’autres fois elles seront vagues (seulement un auteur, comme Eddington en prologue — j’ai eu beau scruter la botte de foin des internets, jamais trouvé où et quand il aurait écrit ça mais je l’ai pris dans l’Éloge de l’insécurité d’Allan Watts — ou seulement le titre d’un ouvrage, car je n’ai pas noté les pages exactes où se trouve l’information ou alors il faut lire l’œuvre au complet qui m’a inspiré une idée), enfin — et j’espère que ça n’arrivera pas trop souvent — je ne saurai préciser d’où me viennent mes idées. Et c’est beau dommage mais c’est comme ça. Je sais que sur le plan épistémologique, c’est pas fort… mais qu’est-ce que t’espères? c’est pas une thèse de doctorat : j’écris ce qu’il me semble juste d’écrire et — tu l’auras probablement remarqué déjà — de la manière fanfaronne qu’il me plaît de le faire.
Il y a plusieurs raisons à cela. (Au fait de ne pas toujours avoir de référence exacte. Les fanfaronnades ont d’autres raisons que le cœur ne connaît pas… ou quelque chose comme ça.)
D’une part, depuis un paquet d’années j’ai lu un paquet de trucs et ce n’est que tout récemment que je me suis mis à systématiquement extirper de manière quasi-maniaque (demandez à Radjoul!) toute la substantifique moelle des œuvres qui m’interpellent. « Toutes ces années » incluent mes études il y a fort-fort longtemps dans une galaxie lointaine où, il faut l’avouer, j’étais aussi bon étudiant que Luke Skywalker — la Force en moins. Comment dire? Yiiiish… c’était pas top, disons. J’étais pas mauvais non plus, t’sais, juste un peu sloppy, brouillon. Donc j’ai pas noté avec exactitude les idées qui me viennent de cette époque pour le moins trouble et troublée.
Et donc de ce paquet de trucs depuis un paquet d’années (ça fait un sacré bon pactole! si seulement je l’avais investi, je serais un homme riche…) je tire parfois des idées comme un magicien un lapin de son chapeau. Ça peut paraître un tour de passe-passe, mais je le fais de manière sincère, et merci d’avance aux érudits qui daigneront lire cette chose que j’ai le culot d’appeler mon œuvre de me remettre à ma place lorsqu’ils s’arracheront les cheveux de la tête en constatant certaines inepties (j’implore toutes les divinités existantes ou non qu’elles ne soient pas trop nombreuses!); prière de communiquer avec moi, je serai honoré que vous preniez de votre précieux temps pour me faire la leçon. (Si c’est pour des insultes, il y a assez de trolls comme ça, I would prefer not to.)
D’autre part, ces élucubrations sont également le fruit de réflexions mûries au soleil et cueillies à la main (bio-équitable aussi mais je n’ai pas la certification) lors d’états de conscience altérés. (Avoue mon coquin que tu penses d’emblée qu’il est question de droyes, han?) Selon les bouddhistes (et je ne me rappelle plus où j’ai pris ça, si quelqu’un a une idée, faites-m’en part), l’état de veille est notre état le moins conscient. L’expérimentation répétée me permet de faire mienne cette sagesse. Combien d’idées sont venues subrepticement à moi et m’ont surpris alors que je reposais paisiblement dans un état de demi-sommeil en pleine après-midi et que je n’avais rien demandé à personne, je voulais juste récupérer un peu tranquilou sur le divan, mais hop, voilà! sans crier gare un éclair de génie me frappait — à noter que c’est un génie qui me frappait de son éclair, je ne clame pas du tout être un génie. (Et d’aucuns savent très bien que 1) les génies n’existent pas, il n’y a que l’ardeur au travail qui paie; et 2) on ne peut pas remettre le génie dans sa lampe une fois qu’il est sorti.) Combien de fois me suis-je réveillé à des heures si matinales que c’était encore la nuit noire et glaciale, incapable de me rendormir pour une raison ou une autre (généralement mes entrailles qui râlaient, mais bordel qu’ai-je fais au bon dieu pour avoir une digestion aussi désastreuse), et que le hamster heureux d’habiter le manège de mes méninges, tout joyeux de voir la lumière s’allumer au bout du tunnel, se mettait à s’agiter frénétiquement et hop, voilà! j’entrevoyais une solution à un problème qui me tarabiscotait le coconut (ils sont légion) depuis un certain temps. Sinon les rêves. Combien d’idées folles ont été enfantées par les nymphes d’Onirie (rien de salace ici, ok)??? Et par ailleurs oui, puisqu’il faut bien l’avouer humblement, j’ai quelque expérience en tant que psychonaute. Amateur. Et c’était il y a longtemps. Je touche plus à ça, je suis « excellent citoyen, pas parfait, mais pas loin » (Desjardins). Et je déclare d’emblée à tous les enfants qui nous écoutent à la maison qu’il est préférable de se tenir loin du poison si on tient à la santé. Vous savez, ces contenants avec une tête de mort? C’est pas de la panoplie de pirate, non, malheureux! C’est du poison. Pas touche.
Bref, pour toutes ces sources (a)variées, il n’y a pas de référence à proprement parler, tu estimeras la marchandise comme tu l’entends en l’avisant. Mais sois averti : c’est une vente finale, pas de remboursement possible.
Donc avis aux prud’hommes et gentes demoiselles : je fais de la philosophie de garage. C’est pas toujours net.
Enfin, ces dis-avertissements dûment délivrés, points sur les i et autres formalités du genre, nous pouvons commencer par traficoter un genre de cadre théorique avant d’entrer dans le vif du sujet.
À suivre…
