Les sources où on s’abreuve

Posted by on 31 Mar 2025 in L'insipide a mauvais goût, Scribouillure | 0 comments

J’ai vu passer ça :

C’est vraiment drôle. Comme si les humains étaient des automates…

Les médias ont certainement une emprise sur nos vies, mais ce n’est pas une relation causale.

C’est plus subtil. Selon Chomsky, dans Manufacturing consent, ce n’est pas tant que les médias nous disent quoi penser, mais ils déterminent les horizons de ce à quoi on peut penser.

Quel est le problème avec la Tesla? Les gens auparavant ne savaient pas réellement qui était Elon Musk alors ils se disaient « je vais m’acheter une voiture électrique » et parmi les options, il y avait celle-là.

Ceux qui ont acheté d’autres sortes de chars électriques ne sont pas en train de les brûler!

C’est juste que Musk s’avère un fasciste, et partant de ce constat, certaines qui ont des Tesla ne veulent pas être associé à la peste brune; c’est compréhensible pour tous ceux qui ne sont pas fascistes ou bornés.

Ce qui est drôle, c’est que les mêmes personnes qui publient ce genre d’images qui soi-disant démontre comment eux-mêmes sont de libres penseurs — TVA ne leur dit pas quoi faire, à eux! — ne font que colporter du prêt-à-penser qui vient d’autres sources.

Eux-mêmes suivent des gourous dans des médias alternatifs qui leur disent quoi penser, puisqu’une telle image démontre qu’ils n’ont pas tant réfléchi profondément à la question.

En guise d’exemples :

Elgrably du haut des ses études au HEC qui convainc ses ouailles qu’on paie trop d’impôts et qui se réfère aux grands bonzes du régime fascisant de Trump pour étayer son « argumentaire ».

Ou encore Duhaime:

Voilà, le Pape des conservateurs-libertariens (sic) vient de parler, que rétorquent ses suiveux?

Au fond, ce n’est pas que les gens ne pensent pas par eux-mêmes et font juste répéter ce que les médias leurs disent (toutes tendances confondues), c’est que nous nous abreuvons aux sources qui font notre affaire! Fameux biais de confirmation.

Il faut inverser l’équation : nous croyons déjà un certain nombre de choses par la manière dont nous nous sommes socialisés, les idées « nouvelles » ne vont se greffer à cette arborescence de croyances que si elles sont compatibles avec notre cadre d’interprétation. Par conséquent, nous ne perdrons pas de temps à lire ou visionner des trucs qui sont par défaut hors du cadre. Nous allons à la source qui va dans le sens de nos convictions. Pourquoi aller à contre-courant? Il faut suivre la rivière.

Voilà pourquoi la science et la philosophie sont les seules sources (un peu) plus fiables d’informations : elles tendent vers l’objectivité et vont en profondeur.

Évidemment, c’est tout le problème que j’ai soulevé dans ma dernière scribouillure : de plus en plus de gens pensent que « les milieux universitaires sont déconnectés de la majorité », comme si la science et la philosophie étudiaient non pas les sociétés humaines mais d’autres réalités!

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